Foucault en Californie
4 avril 2021

Si comme moi vous n'avez jamais lu un livre de Michel Foucault, que vous n'êtes pas forcément intéressé par la philosophie ou encore que vous en avez gardé de très mauvais souvenirs de terminale, ce livre est peut-être fait pour vous 😉
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En 1975, Simeon Wade, enseignant à l'Université de Claremont en Californie, profite de la venue de Michel Foucault, qui donne un séminaire à Berkeley, pour l'inviter à un petit voyage initiatique dans la Vallée de la Mort. Un voyage sous LSD qui leur fera découvrir une autre facette d'eux-mêmes, leur ouvrira de nouveaux horizons et aboutira à une belle amitié.
Ce petit séjour sous psychotropes est surtout prétexte à découvrir l'oeuvre de Michel Foucault et comprendre ses positions philosophiques.
L'idée du voyage pour vivre une expérience transcendentale m'a vraiment intrigué mais finalement cette partie représente un tiers à peine du livre. Le reste est vraiment un hommage à Michel Foucault, la passion avouée de Simeon Wade pour le philosophe et son oeuvre et véritablement une introduction à son travail et ses recherches. Que l'on soit d'accord avec lui ou non n'est pas la question, on découvre un homme et ses opinions, on leur accorde de la valeur ou non, on l'approuve ou pas mais on apprend et on peut se faire un avis.
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"- L'intellectuel m'apparaît à présent comme une espèce de fonctionnaire. Il y a tant de types d'intellectuels différents aujourd'hui. Certains universitaires collaborent avec des entreprises, d'autres genres d'intellectuels sont membres de commissions consacrées à des questions sociales. L'intellectuel fabrique des outils et il ne peut pas prescrire ou prédire la façon dont les gens vont utiliser les outils qu'il crée. Y compris de ce point de vue, l'intellectuel n'est pas un prophète."

Conseillé par Marie

Billy Wilder et moi

Jonathan Coe

Gallimard

22,00
17 avril 2021

Quand, dans son nouveau roman, un de vos auteurs préférés raconte le réalisateur d'un de vos films favoris...
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Jonathan Coe, grand cinéphile (auteur de biographies sur James Stewart et Humphrey Bogart), s'inspire du tournage de "Fedora" avant-derniere réalisation de Billy Wilder, cinéaste génial à qui l'on doit "Certains l'aiment chaud", "Boulevard du crépuscule" ou encore "Assurance sur la mort" et bien sûr "Sabrina".
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1977, Calista, jeune femme originaire de Grèce, décide de partir en voyage aux Etats-Unis, seule. Au cours de son périple, son chemin croisera celui de Billy, qui a toujours l'inspiration mais les studios sont frileux et n'envisagent pas de financer son projet qui leur semble pour le moins boiteux.
Un an, plus tard, le film est enfin prêt à être tourné. Et ce sera en Grèce. Calista sera l'interprète de Billy et son bras droit, Iz Diamond, sur le plateau.
Des îles grecques, à Paris, en passant par Munich, on suit le parcours initiatique de cette jeune femme et surtout le tournage testament de Billy Wilder.
Notre chemin croise celui de William Holden, Marthe Keller, ou encore Al Pacino.
Ce texte émouvant est surtout prétexte à montrer que la fin des années 70 a été le moment du basculement, entre le vieil Hollywood et le Nouvel Hollywood, celui des "barbus" comme les appelle Billy, Spielberg, Scorcese, Coppola, Lucas. Un choc des générations qui verra le cinéma devenir plus que tout synonyme de divertissement.
Mais aussi une époque qui se cherche et qui est encore marquée par le traumatisme de la Seconde Guerre Mondiale.
Lors d'un passage très intense et magnifique, Billy Wilder se raconte et l'on comprend enfin l'homme, celui qui a dû tout abandonner pour survivre et qui toute sa vie restera marqué par ce choix cornélien.
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Encore une fois, Jonathan Coe arrive à nous surprendre. Et même si le cinéma n'est pas une de vos grandes passions (contrairement à moi), foncez, ce texte est superbe.
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Conseillé par Marie