Tous tes enfants dispersés
EAN13 : 9782746751392
ISBN :978-2-7467-5139-2
Éditeur :Autrement
Date Parution :
Collection :Littératures
Nombre de pages :256
Dimensions : 21 x 14 x 1 cm
Poids : 260 g

Tous tes enfants dispersés

De

Peut-on réparer l'irréparable, rassemble ceux que l'histoire a dispersés ? Blanche, rwandaise, vit à Bordeaux après avoir fui le génocide des Tutsi de 1994. Elle a construit sa vie en France, avec son mari et son enfant métis Stokely. Mais après des années d'exil, quand Blanche rend visite à sa mère Immaculata, la mémoire douloureuse refait surface. Celle qui est restée et celle qui est partie pourront-elles se parler, se pardonner, s'aimer de nouveau ? Stokely, lui, pris entre deux pays, veut comprendre d'où il vient.
Ode aux mères persévérantes, à la transmission, à la pulsion de vie qui anime chacun d'entre nous, Tous tes enfants dispersés porte les voix de trois générations tentant de renouer des liens brisés et de trouver leur place dans le monde d'aujourd'hui. Ce premier roman fait preuve d'une sensibilité impressionnante et signe la naissance d'une voix importante.

Beata Umubyeyi-Mairesse (Auteur) a également contribué aux livres...

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Jean-Philippe Stassen

Éditions Futuropolis

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Après le génocide des Tutsis au Rwanda, c’est le récit d’une "famille à repriser". Trois générations, trois voix pour raconter la tragédie au travers de ce qu’ont vécu Blanche, sa mère Immaculata et son petit-fils, Stokely. Dans un pays qui parle et espère la paix, Blanche, qui vit en France depuis 1994, revient voir sa mère. Du fait de sa peau claire, elle est une étrangère dans sa famille et dans son pays où pourtant elle est née et dont elle parle la langue. Immaculata a survécu, cachée pendant des mois dans la cave obscure d’un libraire. Son demi-frère, Bosco, s’est engagé dans l’armée rebelle. "Il n’est pas rentré du front en paix, il ne sera jamais en paix "après avoir vu trop d’horreurs indicibles, les gens de sa famille couverts de sang. Blanche s’en veut de ne pas avoir été là, de ne pas avoir vécu ce qu’ont vécu ses proches, sa famille, son ethnie. Elle revient pour renouer le dialogue, pour comprendre, mais sa mère est murée dans son mutisme. La douleur oblige à l’évitement, ne pas dire les choses brutalement. Alors quand Blanche se raconte à sa mère, Immaculata parle à son fils, son "enfant-accident", lui raconte son enfance, leur grand-mère, sa scolarité chez les religieuses, l’amour qu’elle a eu pour son père, un démocrate Hutu qui a été assassiné, et du père de Blanche, un français expatrié qui a été obligé de quitter le pays...
Le titre du roman "Tous tes enfants dispersés" est un fragment d’une des prières eucharistiques du culte catholique, "Et ramène à toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés". Car il s’agit bien de se retrouver, de se rassembler, de reconnaître les douleurs vécues par chacun de dévoiler des secrets et des non-dits, de dépasser les horreurs pour renouer avec ses origines, retisser la fibre familiale, reconstruire des vies.
C’est aussi un roman sur l’identité métisse. Blanche est la fille d’un Hutu et d’un Tusti, elle vit avec un métis antillais et rêve que sa descendance soit de plus en plus blanche.
Pour trouver leur voie, Beata Umubyeyi-Mairesse fait ses personnages utiliser la langue, le Kinyarwanda où une seule lettre peut changer le sens d’un nom, celui de Stokely qui fut nommé par erreur Kunuma, "se taire (…) devenir muet", à qui on restitue son vrai nom, Kanuma, "petite colombe". L’écriture de l’auteure est poétique, pleine de symboles, très sensible et tout à la fois très forte.
Un très beau premier roman, intense, celui de ceux qui ont souffert de quitter leur pays, qui ne l’oublient pas, qui doivent vivre dans un autre, dans une autre culture, parler une autre langue.